SAM BORENSTEIN

Expressionniste figuratif canadien

Sam Borenstein est né en 1908 à Kalvaria, en Lituanie. Il est décédé en 1969 à Montréal, au Canada.

Il découvre très jeune sa passion pour la peinture. En grande partie autodidacte, il se forme en étudiant des livres d’art et en fréquentant les expositions du Musée des beaux-arts de Montréal. Les grands artistes européens du début du XXe siècle : Van Gogh, Soutine, Vlaminck, Kokoschka et Chagall, deviennent ses principales sources d’inspiration.

Ses premières œuvres, réalisées dès les années 1930 jusqu’à la fin des années 1940, sont des études minutieuses de scènes urbaines ainsi que des portraits de membres de sa famille, de collègues et d’amis. Il travaille alors à l’huile, par fines couches de peinture aux couleurs nuancées. Vers 1950, Borenstein développe le style qui le caractérisera. Il découvre comment suggérer le mouvement par le geste et le coup de pinceau, et comment donner à la matière une présence physique grâce à de l’empâtement (impasto) et au couteau à palette.

PREMIERS TOURNESOLS

“L’art est ma religion. On peint comme on prie – pour la plénitude de l’âme.” 

SAM BORENSTEIN

Il faisait entrer le mouvement dans une peinture immobile, comme les ‘Action Painters’ 

Borenstein possède un talent singulier: faire entrer le mouvement dans une peinture immobile.

Comme les peintres gestuels, il laisse ses gestes s’inscrire sur la toile. Dans ses paysages, le vent semble s’engouffrer dans les arbres, la neige tourbillonner et les nuages virevolter. Ses scènes d’hiver donnent presque physiquement à ressentir l’air vif et le froid mordant; ses scènes d’été évoquent la chaleur et l’humidité.

STE-LUCIE EN MOUVEMENT



L’utilisation de l’impasto et du couteau à palette est l’une des caractéristiques les plus remarquable de son travail. “Il y a une sorte de générosité dans la peinture — l’artiste applique la couleur épaisse, vive, la découpe, la fait danser…”  Leo Rosshandler tirée deSAM BORENSTEIN, publié par McClelland and Stewart ©1978.


L’ÉTÉ DANS LES LAURENTIDES

“La scène artistique canadienne, avec son souci compulsif de rester soignée et digne, a désespérément besoin de peintres libres et indiscipliné comme Borenstein.”

Henry Lehmann, critique d’art pour le Montreal Star ©1978.



Une Expérience Synesthésique

Bien que la peinture soit un art visuel, regarder un tableau de Borenstein “en personne” est plus que visuel. C’est une expérience synesthésique : on se sent immergé dans la matière, et tous les sens semblent s’éveiller — la vue, le toucher, le son, le goût, l’odorat. Devant ses toiles, on entre dans un monde vibrant, viscéral et profondément vivant.

MES TROIS ENFANTS



Son approche aux couleurs était imaginative et audacieuse, comme les Fauves.

Les peintures de Borenstein se distinguent également par leur approche fauviste de la couleur. Sa palette est audacieuse, instinctive et imaginative. Il utilise parfois des couleurs pures, non mélangées, directement sorties du tube, qui surgissent sur la toile comme des éclats de lumière.

COUCHER DE SOLEIL SUR STE-AGATHE


Essentiel pour lui c’était d’exprimer ses émotions à travers la peinture, comme les Expressionists.

Pour Borenstein, l’expression de l’émotion était essentielle, et cette émotion est intense, amplifiée, presque palpable. C’est ce qui inscrit résolument son œuvre dans la tradition expressionniste. Si Riopelle est l’expressionniste abstrait du Québec, on peut alors dire que Borenstein en est l’expressionniste figuratif. Ses paysages expriment non seulement la “beauté de la nature”, mais aussi de manière prophétique, son “pouvoir insurmontable”. À l’heure des bouleversements climatiques, ses tableaux prennent une résonance nouvelle. Devant eux, on peut percevoir la fragilité bouleversante du monde naturel, mais aussi sa force et son énergie.

LE VIOLON ROUGE

“Les fleurs bougent comme si elles poussaient dans le jardin. Un jeu de tiges sinueuses et de fleurs jaunes éclatantes, évoquant des flammes vacillantes. Les coups de pinceaux de l’artiste font danser les couleurs sur la toile. ”

Professeur Loren Lerner, RÉTROSPECTIVE SAM BORENSTEIN, Éditions du MMFA ©2004.

Borenstein a inventé un langage qui lui est propre : un langage à la fois intemporel, universel et poétique, capable de communiquer profondément à de nombreux niveaux.

TEMPÊTE LAURENTIENNE